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Christofle Polychromes

Anne Gros
Responsable du musée Bouilhet-Christofle

Illustration 1

It was in 1880, for the Arts du métal exhibition, organised by the Union Centrale des Arts Décoratifs, in Paris, that Christofle exhibited, for the fist time, pieces from the collection which would be known as Polychromes.

Illustration 2

These silver or silverplated pieces in Japanese style are characterised by their partially or entirely hand hammered decorative background. The applied parts of the decoration were melted down separately, in silver, brass or copper, then brazed onto the piece ; the decoration is enhanced with chased motifs. Then, certain details are gilded to emphasise the polychrome effect. Handmade, these pieces are technical “tours de force”. Christofle mainly used this kind of decoration on jugs, tea and coffee sets, cups, plates, beakers and on cutlery.

The design was created by two Christofle designers : Henri Godin (1846-1902 ?) and S. Waret. Both were rewarded with a silver medal during the exhibition . Assistants of Emile Reiber (1826-1893), the design workshop manager and author of the main part of the Christofle Japanese collection, they continued, after Reiber’s departure in 1878, the creation of pieces in Japanese style for the silversmith.

Apparently the idea for this kind of decoration originated with two American silversmiths : Gorham and Tiffany. Inspired by Japanese examples, they were the first to apply a decoration made of different metals on hand hammered backgrounds. Gorham did not participate in the Universal Exhibition in 1878, so it was through Tiffany’s pieces, that were successfully exhibited in 1878, that these polychrome applied decorations on a hand hammered base were known in Europe.
These pieces are technically difficult to make and were, at that time, expensive, this explains, with no doubt, their scarcity. Finally, “Japonisme” style beginning to die off in Europe, the collection of Polychromes was not pursued after 1880 by Christofle.

Twenty years later, in 1900, we saw once again in the Art Nouveau pieces that Godin designed for Christofle, this taste for naturalistic plant and colour.

Illustration 3

Illustrations
1 – Drawing of a coffee pot with daisy design, S. Waret, June 1880 , watercolour and ink on tracing paper, Bouilhet-Christofle archives
2 – Coffee pot with daisy design, Christofle, 1880 silver and silvergilt, Bouilhet-Christofle Museum
3 – Milk jug colocynth, Christofle, 1880, silver, silvergilt and copper, Bouilhet-Christofle Museum
4 – Silverplated and gilded beer set, Christofle, 1880, Bouilhet-Christofle archives
5 – Tea and coffee service in Renaissance pattern, Christofle, with applied ornaments, 1880, Bouilhet-Christofle archives

 

Les Polychromes de Christofle

Anne Gros
Responsable du musée Bouilhet-Christofle

Illustration 4

C’est en 1880, à l’occasion de l’exposition des Arts du métal, organisée par l’Union Centrale des Arts Décoratifs, à Paris, que Christofle présente les premières pièces de la collection qu’il devait appeler les Polychromes.

Ces pièces japonisantes, en argent massif ou en métal argenté, se caractérisent par des fonds entièrement ou partiellement martelés. Les éléments de décor rapportés sont fondus séparément, en argent, en laiton ou en cuivre, puis brasés sur la pièce ; le décor est relevé de motifs ciselés. Certains détails sont ensuite dorés pour accentuer la polychromie. Faites à la main, ces pièces sont des tours de force techniques. Christofle appliqua essentiellement ce type de décor sur des verseuses, services à thé et à café, tasses, assiettes et gobelets, enfin sur des couverts.

Les décors sont créés par deux dessinateurs de la maison Christofle : Henri Godin (1846-1902 ?) et S. Waret. Tous deux sont récompensés d’une médaille d’argent lors de l’exposition . Assistants d’Emile Reiber (1826-1893), le directeur des ateliers de dessin de Christofle et l’auteur de l’essentiel de la collection japonisante de Christofle, ils poursuivent, après son départ en 1878, la création de pièces japonisantes pour l’orfèvre.

Il semble bien que l’idée de ce type de décor revienne à deux orfèvres américains Gorham et Tiffany. Inspirés d’exemples japonais, ce sont eux qui les premiers ont l’idée d’apposer des décors faits de différents métaux sur des fonds martelés. Gorham ne participant pas à l’exposition universelle de 1878, c’est par l’intermédiaire des pièces de Tiffany, qui lui exposa avec succès en 1878, que ces décors à appliques polychromes sur fonds martelés furent connus en Europe.

Illustration 5

Ces pièces sont techniquement difficiles à faire et étaient à l’époque chères, ce qui explique sans doute leur rareté. Enfin la mode du japonisme commençant à passer en Europe, la collection des Polychromes ne fut pas poursuivie après 1880 par Christofle.

Vingt ans plus tard, en 1900, on retrouve dans les pièces Art Nouveau que crée Godin pour Christofle, ce goût de la plante naturaliste et de la polychromie.

Illustrations
1 – Dessin d’une cafetière à décor de marguerites, S. Waret, juin 1880 , aquarelle et encre sur calque, archives Bouilhet-Christofle
2 – Cafetière à décor de marguerites, Christofle, 1880 argent massif et vermeil, musée Bouilhet-Christofle
3 – Pot à lait coloquinte, Christofle, 1880, argent massif, vermeil et cuivre, musée Bouilhet-Christofle
4 – Service à bière en métal argenté et doré, Christofle, 1880, archives Bouilhet-Christofle
5 – Service à thé et café modèle Renaissance, à décor polychrome, Christofle, 1880, archives Bouilhet-Christofle


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